Elle se déroule en marge du siège de Tournai et en présence du roi Louis XV et du Dauphin.
Maurice de Saxe détache de l'armée française déployée autour de Tournai 52.000 hommes parmi lesquels des régiments suisses et des régiments irlandais. Il dispose ses soldats en forme de « L » inversé d'Antoing à Fontenoy et de ce village fortifié au bois de Barry qu'il a garni de troupes spéciales, les Grassins.
Le 11 mai 1745, après des échanges d'artillerie qui débutent dans les brumes dès 5 heures, les attaques des Alliés contre Antoing et Fontenoy ainsi que l'assaut contre le bois de Barry échouent tour à tour.
Attaquant depuis Péronnes, les Hollandais et les Autrichiens se sont heurtés entre Antoing et Fontenoy au tir meurtrier de trois redoutes françaises ; une batterie de canons français disposée sur la rive gauche de l'Escaut a également contrarié leur avance et les a forcés à se replier.
Cumberland, qui commande l'armée des Alliés, joue alors son va-tout. Il décide d'attaquer entre Fontenoy et le bois de Barry un espace que Maurice de Saxe n'a pas pourvu de redoutes.
Malgré le mauvais état du terrain, rendu boueux par les fortes pluies des jours précédents, le général anglais engage 14.000 hommes, formés en une gigantesque colonne contre les Gardes Françaises.
De Fontenoy et de la redoute qui flanque la corne du bois de Barry, l'artillerie française croise son feu sur cette colonne qui s'avance venant de la direction de Vezon.
C'est au moment de la rencontre des deux adversaires qu'aurait eu lieu entre Lord Hay et le Comte d'Anterroches le dialogue célèbre :
« Messieurs des Gardes françaises, tirez les premiers…»
Les Anglais auraient tiré les premiers en pratiquant un feu roulant, c'est-à-dire sans jamais s'arrêter, le premier rang rechargeant ses fusils, pendant que le deuxième puis le troisième rang tiraient à tour de rôle et ainsi de suite.
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Devant ce feu nourri et meurtrier (600 morts), les Français reculèrent. La colonne anglaise continua à progresser dans le dispositif français en direction de la chapelle de Notre Dame au Bois dans un axe est-ouest, malgré les charges de cavalerie envoyées contre elle. La situation devint si préoccupante que le départ du roi Louis XV du champ de bataille et son repli de l'autre côté de l'Escaut fut un temps envisagé.
Maurice de Saxe coordonna mieux les contre-attaques, fit monter en première ligne des canons « oubliés » à l'arrière et les troupes disponibles tenues en réserve derrière le bois de Barry : les régiments de Normandie, les Royal-Vaisseaux et les fameux régiments irlandais pressés d'en découdre avec les Anglais sous la domination desquels vivait leur patrie.
Bientôt le sort de la bataille bascula assaillie de toutes parts la colonne anglaise transformée en carré n'avançait plus. Cumberland ordonna la retraite qui se fit en bon ordre. Les Hollandais, dont l'intervention aurait pu être décisive au moment le plus crucial de la bataille ne purent s'engager à nouveau, traumatisés par leurs nombreuses pertes de la matinée.
Les Français étaient victorieux. Mais cette journée coûtait cher aux deux parties : 5.000 morts et le double de blessés
Il est toutefois bon de préciser que la guerre de Succession d'Autriche se termina par la signature du Traité d'Aix la Chapelle le 18 octobre 1748. La France ne retira aucun bénéfice de cette guerre et dut rendre les Pays-Bas autrichiens à Marie-Thérèse.
Fontenoy fut la dernière grande victoire française avant la Révolution de 1789. Elle se déroula en présence du Roi Louis XV qui ne commandait pas ses troupes et du Dauphin. Au soir de la bataille, parcourant la plaine de Fontenoy Louis XV, prenant le Dauphin à témoin, dit : »Le sang des ennemis est le sang des hommes, la vraie gloire, c'est de l'épargner ». Morts pour rien les soldats de Fontenoy ?
Alain Bonnet,
Président Fontenoy 1745 a.s.b.l.
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